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Le psychothérapeute et hypnotiseur soviétique et russe Anatoly Kashpirovsky est décédé le 3 octobre 2026 à Moscou, à l'âge de 87 ans

Disparition de Anatoly Kashpirovsky

Alors que le Dave Elman Hypnosis Institute France finalise ses travaux historiques consacrés à l’hypnose soviétique, nous apprenons la disparition d’Anatoly Kashpirovsky, l’une des personnalités les plus célèbres et controversées de l’histoire de l’hypnose en Russie.

Le psychothérapeute et hypnotiseur soviétique et russe Anatoly Kashpirovsky est décédé le 3 octobre 2026 à Moscou, à l’âge de 87 ans, laissant derrière lui un héritage singulier, à la croisée de la médecine, de l’hypnose, des médias et de la politique.

Devenu un véritable phénomène de société à la fin des années 1980, il incarna une époque où la télévision soviétique ouvrait ses antennes à des pratiques et à des discours jusqu’alors peu accessibles au grand public.

Un médecin et psychothérapeute avant tout

Avant de devenir une célébrité nationale, Anatoly Kashpirovsky avait suivi une formation médicale et exercé pendant près de 25 ans dans les domaines de la psychiatrie et de la psychothérapie, notamment au sein d’établissements psychiatriques.

Il avait également travaillé auprès de sportifs de haut niveau, en particulier au sein de l’équipe soviétique d’haltérophilie.

Cette expérience clinique contribua à façonner son approche de la suggestion et de l’influence psychologique sur les réactions de l’organisme.

Contrairement à l’image de guérisseur qui lui sera plus tard associée, Kashpirovsky revendiquait une démarche fondée sur les mécanismes psychophysiologiques et sur les capacités d’autorégulation du corps humain.

Ses interprétations et ses affirmations thérapeutiques demeurent toutefois controversées et ne sauraient être assimilées aux connaissances scientifiques actuelles sur l’hypnose clinique.

1989 : quand l’hypnose devient un phénomène télévisuel

C’est en 1989, dans le contexte des profondes transformations politiques et sociales de la Perestroïka, qu’Anatoly Kashpirovsky accède à une notoriété extraordinaire.

Ses émissions télévisées, présentées comme des « séances de santé », rassemblent un public considérable à travers l’Union soviétique.

Selon les estimations largement reprises, plus de 200 millions de téléspectateurs auraient suivi ses interventions.

Face à la caméra, Kashpirovsky s’adressait directement aux téléspectateurs, utilisant la parole, la suggestion et une mise en scène caractéristique pour provoquer ce qu’il présentait comme des réactions thérapeutiques.

Il affirmait notamment pouvoir soulager certaines douleurs, améliorer différents troubles et favoriser des processus de guérison, y compris à distance, par l’intermédiaire des écrans de télévision.

Ces séances collectives constituèrent un événement médiatique sans précédent, faisant entrer les pratiques de suggestion dans des millions de foyers soviétiques.

Pour la première fois à une telle échelle, un praticien prétendait exercer une influence thérapeutique sur une population entière par l’intermédiaire de la télévision.

Entre fascination populaire et controverses scientifiques

Le succès d’Anatoly Kashpirovsky ne fut pas sans susciter de profondes interrogations.

Si de nombreux téléspectateurs témoignaient de sensations particulières ou d’améliorations de leur état de santé après ses émissions, les affirmations de guérison à distance ne reposaient pas sur des démonstrations scientifiques rigoureuses.

Son approche soulevait plusieurs questions fondamentales :

  • Quelle est la véritable portée de la suggestion hypnotique sur les sensations et les réactions physiologiques ?
  • Comment expliquer l’influence de l’attente, de la croyance et du contexte médiatique sur les expériences individuelles ?
  • Où se situe la frontière entre les effets psychologiques observables et les promesses thérapeutiques non démontrées ?
  • Quelles responsabilités incombent aux professionnels lorsqu’ils s’adressent à un public particulièrement large ?

L’histoire de Kashpirovsky illustre ainsi la nécessité de distinguer les effets documentés de l’hypnose clinique des affirmations extraordinaires qui peuvent lui être associées.

L’hypnose constitue aujourd’hui un domaine d’étude scientifique et clinique, notamment dans la prise en charge de la douleur et de l’anxiété, mais elle ne saurait être présentée comme un moyen de guérir à distance des maladies par la seule suggestion.

Une personnalité également engagée dans la vie politique

La popularité exceptionnelle d’Anatoly Kashpirovsky lui ouvre également les portes de la politique.

En 1993, il est élu député à la Douma d’État russe, dans une période marquée par les bouleversements consécutifs à la disparition de l’Union soviétique.

Deux ans plus tard, en juin 1995, son nom apparaît dans un événement particulièrement dramatique : la prise d’otages de l’hôpital de Bouddionnovsk, menée par des combattants tchétchènes.

Kashpirovsky participe alors aux négociations avec les preneurs d’otages et contribue aux démarches ayant permis la libération de plusieurs personnes.

Cet épisode révèle une autre facette d’un personnage dont l’influence dépassait largement le cadre médical et télévisuel.

Anatoly Kashpirovsky et l’histoire de l’hypnose soviétique

L’histoire de l’hypnose en Russie et en Union soviétique possède une identité particulière, profondément liée au développement de la physiologie, de la neurologie, de la psychiatrie et de la psychothérapie.

Les travaux d’Ivan Pavlov, de Vladimir Bekhterev et d’autres chercheurs russes ont contribué à façonner les conceptions scientifiques de la suggestion et des états hypnotiques.

Dans ce contexte historique, Anatoly Kashpirovsky occupe une place singulière.

Il ne fut pas seulement un praticien médiatisé : il devint le symbole d’une époque où les frontières entre science, médecine, spectacle et croyances populaires pouvaient se brouiller devant des audiences considérables.

Son parcours constitue aujourd’hui un sujet d’étude particulièrement intéressant pour comprendre la manière dont l’hypnose a été perçue, pratiquée et médiatisée dans la société soviétique de la fin du XXe siècle.

Un héritage historique à examiner avec discernement

La disparition d’Anatoly Kashpirovsky intervient à un moment particulier pour le Dave Elman Hypnosis Institute France, alors que nous finalisons nos travaux de recherche consacrés à l’histoire de l’hypnose soviétique.

Son parcours rappelle combien l’histoire de l’hypnose est riche de personnalités singulières, de découvertes, de controverses et de phénomènes sociaux.

Étudier cette histoire ne signifie pas nécessairement adhérer aux pratiques ou aux affirmations de ceux qui l’ont marquée.

Il s’agit avant tout de comprendre leur contexte, leur influence et leur contribution à l’évolution des représentations de l’hypnose.

Anatoly Kashpirovsky restera l’une des figures les plus emblématiques et controversées de l’hypnose soviétique, un homme qui, pendant quelques années, aura captivé une nation entière à travers les écrans de télévision.

Sa disparition marque la fin d’un chapitre singulier de cette histoire.

Le Dave Elman Hypnosis Institute France poursuit son travail de transmission et de recherche historique afin de mieux faire connaître les personnalités, les courants et les événements qui ont façonné l’évolution de l’hypnose à travers le monde.

Mort du psychothérapeute et hypnotiseur soviétique et russe Anatoly Kashpirovsky est décédé le 3 octobre 2026 à Moscou, à l'âge de 87 ans
Mort du psychothérapeute et hypnotiseur soviétique et russe Anatoly Kashpirovsky est décédé le 3 octobre 2026 à Moscou, à l'âge de 87 ans